Témoignages écrits de proches

Deux soeurs

  1. Parle-moi du moment où tu as appris que j'étais porteuse du VIH ?
    « Je n'oublierai jamais ce moment. Nous étions dans ta cuisine et tu as pris une pilule devant moi. Je t'ai demandé ce que c'était et c'est à ce moment-là que tu me l'as appris.
  2. Quelles émotions as-tu vécues lorsque je t’ai annoncé que j’étais porteuse du VIH ? 
    De la peine, de la peur et de l'incertitude.
  3. Qu’est-ce que cela t’a fait vivre ?
    Je ne m'y attendais pas du tout et m'y connaissais très peu en la matière. J'ai eu beaucoup de peine et surtout peur de te perdre. C'était difficile parce que je t'aime et te voulais en santé. Je vivais aussi de l'incertitude à l'égard de l'avenir...pour toi et pour nous comme famille. Comment est-ce que tout cela allait t'affecter? Allais-tu survivre? Mais je voulais être là pour toi...
  4. Comment as-tu réagi ? 
    Je ne me souviens plus très bien de ma réaction. Cela est arrivé il y a plus de 20 ans...Je crois que j'ai pleuré et posé beaucoup de questions.
  5. Te souviens-tu ce qui t’a aidé à accepter la nouvelle ?
    Tu m'as instruite sur tout ce qui se passait avec le VIH et tu m'a appris ce que les médicaments faisaient, etc. Tu étais forte aussi...
  6. En as-tu parlé à des personnes en particulier ou tu as décidé de garder cela secret ? 
    Tu m'avais demandé de ne pas en parler, alors pendant plus de 5 ans, j'étais la seule à être au courant dans notre famille. Cela m'aidait à comprendre pourquoi tu faisais certains choix alors que les autres membres de la famille comprenaient parfois moins bien. J'étais touchée que tu me fasses confiance à ce point.
  7. Si tu en as parlé à quelqu’un, à qui tu en as parlé ? Te souviens-tu comment cette personne a réagi ?
    J'ai respecté ton choix de garder ça confidentiel.
  8. Le fait d’avoir décidé de ne pas en parler t’a-t-il causé des difficultés ?
    Par moment, le secret était pesant puisque j'aurais eu besoin d'en parler moi aussi, mais je comprenais très bien cette décision puisque, dans ces années-là, c'était encore très tabou. Par contre, j'en parlais ouvertement avec toi et ça aidait.
  9. As-tu consulté des professionnels de la santé pour avoir plus d’information au sujet du VIH ou pour simplement être écouté(e) par quelqu’un ?
    Non, tu étais celle qui me tenait au courant de tout par rapport au développement sur le VIH.
  10. Que conseilles-tu aux proches de PVVIH qui, comme toi, ont appris un jour qu’une personne près d’elle ou importante pour elle vit avec le VIH ?
    De ne pas juger. De s'éduquer. De soutenir la personne qui est porteuse et de l'aimer beaucoup. D'aller chercher du soutien s’ils en ressentent le besoin. Et de donner beaucoup de soutien à la personne infectée par le virus.

Un frère et sa soeur

« Voici comment je me suis senti et quelles ont été mes émotions lorsque j'ai appris que ma soeur était séropositive...

Je travaillais dans un organisme qui offre des services aux personnes vivant avec le VIH bien connu du milieu communautaire montréalais. À ce moment-là, ma première réaction en fut une de haine envers le conjoint de ma soeur qui ne lui avait rien dit et qui l'avait, par le fait même, contaminée.  Je l'ai appris lorsque ma soeur m'a téléphoné au sujet d'un paquet de pilules que son conjoint prenait. Elle voulait savoir pourquoi on lui avait prescrit ces pilules. Lorsque j'ai su de quoi il s'agissait, je l'ai tout de suite mise en contact avec une clinique de Montréal. Ma seconde réaction a été une peine immense. Cette peine m'envahissait. Ma petite soeur était atteinte par une maladie avec, à cette époque, peu d'espoir de survie. Moi qui avais toujours tenté de la protéger dans d'autres situations difficiles, je ne pouvais rien faire contre cette maladie. Je me suis aussi posé la question : « Pourquoi elle ? Pourquoi pas moi ? » Après tout, c'est moi qui suis gai, pas elle. J'ai même inventé que j'étais infecté par le VIH, alors que ce n'était pas vrai du tout, afin de réduire sa peine.

Avec le recul, comme j'apprécie qu'elle soit encore parmi nous aujourd'hui (grâce aux nouvelles thérapies), j'apprécie ma soeur encore plus à tous les jours. Je crois que ces dernières années nous nous sommes rapprochés. Est-ce à cause du VIH, je ne crois pas. Mais peut-être que nous nous disons plus les vraies affaires qu'avant.

Mon message à ma soeur en est un d'espoir, d'amour et de bonheur.

Je lui souhaite de profiter de la vie tous les jours et encore plus quand ce n'est pas une bonne journée. »

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